Suivez le fil

La laine, produit de la Bergerie du Gros Cron

Après la reprise de la ferme familiale, Patrice et Anne Rampanelli-Winance ont découvert dans la laine de leurs moutons une source de connaissance vaste et inexploitée. Découvrez le chemin parcouru par la famille Rampanelli, éleveurs wallons passionnés.

Impossible de raconter la Bergerie du Gros Cron sans prendre rendez-vous avec son éleveur, Patrice Rampanelli, qui est aussi l’un des fondateurs de la Filière laine. Mais fixer rendez-vous à un éleveur n’est pas facile, car ils n’ont pas une minute à eux. « Vendredi matin pourrait convenir », nous répond Patrice. Pourquoi vendredi ? Parce qu’on prévoit de la pluie…

On pourrait s’imaginer que les tracas des éleveurs s’arrêtent à la météo. On aurait tort. Accoudé à la table de sa salle à manger, la pluie au rendez-vous, Patrice explique : « Pour obtenir une laine de qualité, c’est vraiment l’élevage qui importe. Les moutons ont des besoins physiologiques qui varient et diffèrent très fort en fonction des saisons, mais surtout en fonction de la gestation, de l’agnelage, de la lactation. Il faut donc que l’alimentation corresponde à ces besoins. » En effet, si ce suivi n’est pas correctement accompli, le mouton affaibli pompera les éléments dont il a besoin, qui ne se retrouveront pas dans sa laine. « Certaines personnes ne réalisent pas le véritable coût de la laine, tout simplement parce qu’elles ne se rendent pas compte de la quantité de travail qu’un élevage de qualité demande aux éleveurs. »

Tradition et développement
Quand en 2000, Anne et Patrice reprennent la ferme créée par les parents d’Anne, c’est aussi une certaine conscience professionnelle qui leur est léguée : « Chez nous, prendre soin de la laine, c’est une question de tradition, une mentalité. C’est l’amour du travail bien fait », souligne l’éleveur.

Ainsi, d’une génération à l’autre, la famille Rampanelli-Winance a su conserver son amour de la laine, malgré la situation peu favorable du secteur.

Mais la Bergerie du Gros Cron n’hésite pas à introduire des changements pour s’ajuster aux défis contemporains. Par conviction et par passion, ils décident rapidement d’élever en bio leurs 250 brebis, comprenant un troupeau de bergerie essentiellement suffolk et un troupeau d’herbage essentiellement croisés texel. Et ils vendent leurs produits directement au client, sans intermédiaire. « Ce système de vente locale nous a permis d’entrer en contact avec nos consommateurs. Ils nous posaient souvent des questions sur la laine de nos moutons. C’était en 2006-2007, on entendait de plus en plus parler des isolants écologiques. Et en tant qu’éleveurs, nous nous sommes rendus compte que nous ne connaissions pas vraiment la laine : ses propriétés, ce qu’on pouvait en faire, etc. »

Ces nouvelles questions en tête, le couple d’éleveurs commencent à développer un véritable intérêt pour la laine et ses possibilités inexploitées. « Avec un groupe d’éleveurs, on faisait régulièrement des voyages d’études », se souvient Patrice. « Puis quand la Filière laine s’est créée, on est partis en France, en Allemagne, en Suisse, voir et rencontrer d’autres éleveurs qui s’étaient lancés dans des projets lainiers. »

Ces voyages d’études leur apprendront notamment qu’il n’y a pas de bonne ou mauvaise laine, mais que chacune a son usage, sa valorisation spécifique.

Des produits
Forts de leurs nouvelles connaissances et de ces rencontres enrichissantes, la bergerie participe dès le début aux collectes pour la marque Lanado. « Ce nouveau débouché pour la laine de nos moutons viandeux a été très motivant pour nous et d’autres éleveurs. Lanado utilise encore aujourd’hui notre laine pour la fabrication de ses couettes et oreillers en 100% pure laine wallonne. Il y a quand même une fierté suite à ce projet-là, et une remotivation de certains éleveurs. »

Une autre valorisation importante a été permise via une indépendante, qui produit aujourd’hui du fil à tricoter et toute une gamme de produits tricotés et tissés avec la laine de la bergerie, mélangée à celle de deux élevages lorrains.

Motivé par ces bons résultats et ayant participé à beaucoup d’activités autour de la laine, Patrice Rampanelli réalise qu’il n’a pas envie de finir sa carrière sans avoir élevé de mouton typiquement laineux. Il se lance donc dans un nouveau défi : élever des moutons de race Wensleydale. Cette race lainière est jolie, assez rare, mais parfois fragile. Pas toujours facile à élever, elle possède cependant deux atouts : sa laine est plus douce, plus lustrée et plus bouclée que celle traditionnelle de nos régions et il est possible de l’élever sous notre climat, contrairement au mérinos.

Cette laine est très appréciée des artisans… « On l’utilise généralement dans l’artisanat, le filage, intégrée à des pulls, comme cheveux de poupées, ou intégrées à des objets d’art en feutre. » En plus d’être douce et peu commune, leur laine possède un atout important : élevé en bio, le mouton évolue dans un élevage qui respecte l’environnement. Sa laine ne contient donc pas de résidus des produits toxiques qui peuvent être utilisés en agriculture conventionnelle.

Le nouveau troupeau étant lancé depuis seulement deux ans, la bergerie attend et se réjouit des futurs retours des artisans.

Tout n’est pas rose pour autant. Le prix de vente d’une partie de la laine couvre à peine les frais de tonte et ne tient pas compte des coûts de production, certains débouchés restent aléatoires, l’investissement lié au troupeau lainier n’est pas encore rentabilisé, sans compter tous les aléas de l’élevage ovin. Malgré beaucoup de temps, de professionnalisme et de patience, l’équilibre de la production lainière de la bergerie reste fragile et à renforcer.

Venez voir !
Au fait, la Bergerie du Gros Cron aime aussi partager avec le grand public ses connaissances et sa passion pour la laine. Chaque année, une tonte ouverte y est organisée. Vous pourrez y découvrir les moutons, leurs laines, admirer le travail d’un tondeur professionnel, dénicher la toison dont vous rêvez et rencontrer une famille formidable et passionnée.

Rendez-vous le samedi 30 septembre 2017 à la Bergerie du Gros Cron - 106 bis, rue du Gros Cron - 6730 Lahage-Tintigny
Infos : rampanelli.winance@skynet.be ou +32 (0) 63/41.26.30 - https://www.facebook.com/labergeriedugroscron - www.labergeriedugroscron.com

Juliette Pagacz pour la Filière laine – juliette@laines.be


La laine produit de la Bergerie du Gros Cron(PDF)

Notre Filière laine


Annonces

Avec le soutien de

La Filière laine bénéficie du soutien de la Région wallonne et du Feder - Interreg VA Grande région

Une création 13pixels.be