Suivez le fil

Compte-rendu du voyage en Allemagne et Autriche

La Filière laine a organisé, du 11 au 13 octobre 2013, un passionnant voyage en Allemagne et Autriche, à la découverte d’éleveurs, d’une association et d’entreprises qui imaginent et fabriquent des produits en laine locale, entre autre pour sauver des races ovines menacées.

Pour garder une trace des informations, des visites, des échanges entre les participants à ce voyage, un compte-rendu a été produit. Il contient aussi quelques réflexions par rapport aux suites à lui donner.
Les informations principales se trouvent ci-dessous, et l’ensemble du compte-rendu, avec toutes les précisions et les photos, peut être téléchargé sous cette page.

Un petit fichier avec les coordonnées des personnes et entreprises visitées est aussi joint.

Pour plus d’informations merci de prendre contact avec la Filière laine.

Voyage d’étude autour de la laine Du 11.10.13 au 13.10.13 – Allemagne & Autriche – Filière laine

Pour la seconde année, la filière laine wallonne a organisé un voyage d’étude autour de la laine. Ce voyage a eu lieu en Allemagne et en Autriche avec pour objectif de rencontrer des éleveurs de moutons, des entreprises de transformation de la laine. Par ailleurs, il a été l’occasion de comprendre le projet « Kollektion der Vielfalt » qui a permis de structurer des filières de valorisation de la laine d’espèces de moutons menacées de manière locale.

Ce voyage a rassemblé douze personnes : éleveurs, artisans, personnes en reconversion professionnelle, particulier, entrepreneur, association agricole.

Nathalie Ketterle, coordinatrice du projet allemand « Kollektion der Vielfalt » a également été présente pendant tout le voyage :
Kollektion der Vielfalt + Archehof Ketterle – Nathalie Ketterle - Bosslerstrasse 1 - D-73119 - Zell unter Aichelberg – Allemagne - info@kollektion-der-vielfalt.de - www.kollektion-der-vielfalt.de - 0049 (0)7164 12117

1. Rencontre des acteurs de la filière

1.1 Flomax Naturemode, entreprise de création et de fabrication de vêtements en laine

http://www.flomax-natur.de
L’entreprise Flomax Naturemode est une entreprise de fabrication de vêtements et de produits textiles à base de laine. Elle a été créée en 1995, par la propriétaire actuelle, styliste.
Maintenant, Flomax achète la laine brute de Mérinos bio en Amérique du Sud et fait faire les étapes de lavage, de peignage et de teinture par des entreprises européenne :
-  Lavage en Belgique à Traitex,
-  Peignage en France (Où ?).
-  Teinture, filage et tricotage en Allemagne
Le choix des entreprises s’est fait pour pouvoir permettre la continuité de la certification bio, sauf concernant la teinture (bon espoir pour le futur).

Depuis plusieurs années, Flomax travaille avec un éleveur de la zone qui travaille de façon traditionnelle, mais pas en bio car les moutons paissent dans des pâtures mises à la disposition du berger qui déplace son troupeau en fonction des saisons.

La provenance des matières premières se répartie comme suit :
-  10 tonnes de Mérinos d’Amérique du Sud,
-  2 tonnes d’Albmérinos local (souvent appelé, en France, Est à laine mérinos).

Il y a une séparation claire des produits locaux/sud-américains qui ne sont pas travaillé de la même façon, ainsi les produits issus de la laine de Mérinos sud-américaine sont teints et sont plus doux. Les petits éleveurs n’arrivent pas à atteindre la qualité demandée par Flomax, c’est pourquoi ils ont fait le choix de ne travailler qu’avec un seul producteur local qui produit des quantités importantes d’un produit de qualité. Cependant, la laine locale est plus chère de minimum 20%. C’est l’éleveur qui prend en charge le lavage, le peignage, le transport et qui fixe le prix. Ils travaillent sur une base de confiance par rapport à la qualité de la laine et à la fixation du prix. Flomax achète la laine peignée et assure le reste des transformations, par sous-traitance ou en propre.

L’entreprise ne ressent pas de grandes difficultés à vendre ses produits. Les clients viennent pour le côté local mais finalement les pièces issues de Mérinos sud-américain sont plus colorées et plus douces et se vendent plus facilement.

1.2. Rencontre de l’éleveur livrant sa laine à Flomax

Le berger rencontré, travaille en itinérance, il passe la journée au pré avec son cheptel de 1400 brebis, majoritairement Albmérinos (30% d’autres races).
La sélection se fait sur des critères viande et laine, mais cela est plus compliqué et plus cher comme sélection.
Avant de commercialiser sa laine à Flomax et jusqu’il y a 20 ans, il vendait sa laine aux enchères. Aujourd’hui Il vend également à une entreprise de fils à tricoter. Il assure le lavage et le peignage de sa laine car « les acheteurs ne veulent pas prendre tous les risques ».

Le tri est effectué sur l’exploitation (50% de rendement) par lui seul, lors de la tonte, sur tables de tri.
Il a l’air content de ce partenariat avec Flomax, à qui il vend l’énorme majorité de sa laine, mais il exprime que si Flomax arrête ses activités ou ses commandes, il devra arrêter, car il n’a pas d’autre débouché pour sa laine.

2. Le projet Kollektion der Vielfalt

Le projet laine Kollektion der Vielfalt a été initié en 2001. Au départ du projet, une éleveuse de Bavière a mobilisé un groupe d’éleveurs souhaitant valoriser la laine en utilisant des entreprises locales.
En particulier, le projet de valorisation de la laine des Alpines Steinschaf, a été mis en place en 2004. Il s’agissait d’une espèce menacée (seulement 120 moutons en 2004), c’est pourquoi, le projet Kollektion der Vielfalt a travaillé à la mise en place de la filière laine pour promouvoir l’espèce auprès des éleveurs et du public.

La transformation de la laine de l’Alpine Steinschaft est faite en parallèle à la transformation de la laine de 8 (bientôt 9) autres races locales. La laine utilisée pour les produits vient d’Allemagne, mais le travail est effectué en Autriche (entreprise Wagner), en Allemagne, en Belgique, en Italie, selon les produits et le type de transformation nécessaire. La vente à lieu partout en Allemagne, il y a également des foires et vente sur internet. L’association utilise 24 tonnes de laine par an pour fabriquer ses produits.

Dans le cadre du programme et plus particulièrement de l’Alpine Steinshaft, les éleveurs doivent apporter une toison triée, ce qui correspond environ à 1,5kg de laine, ils sont rémunéré 2€/kg sous la forme de coupons qui donnent droit à un certain nombre de produits (équivalents à la valeur du coupon) et au droit d’acheter les produits à prix réduits, qu’ils peuvent revendre au prix plein.

De façon générale, ce projet favorise la sensibilisation du public autour de la question du mouton et des difficultés liées à leur élevage. De plus leur utilisation sur des terrasses locales menacées permet à certains éleveurs d’avoir accès à des aides PAC.

Les principales difficultés rencontrées dans ce projet sont :
-  Trouver des entreprises de petites tailles, acceptant les petits lots
-  Limiter les coûts de transport de la laine en suint
-  Obtenir l’avance de trésorerie pour transformer la laine (avant de la vendre).

Environ 2/3 des éleveurs revendent des produits. Les vente sont toujours réalisées par un éleveur, elles commencent fin septembre (dès que les transformations de la tonte de l’année sont terminées) et l’ensemble des produits sont vendus dès avril.

Le projet Kollektion der Vielfalt est vraiment intéressant pour la Filière laine car il prouve qu’il est possible d’agir sur plusieurs niveaux : sauvegarde de races en voie d’extinction, valorisation de la laine et du travail de l’éleveur, commercialisation de produits, ... Tout cela, Nathalie Ketterle, une des chevilles ouvrières de ce projet, l’a fort bien expliqué lors de son intervention à l’occasion d’un séminaire, organisé en 2011, par la bergerie nationale de Rambouillet.

2.1 Les petits éleveurs locaux

Rencontre de Nathalie Ketterle (http://www.archehof-ketterle.de/)
Nathalie Ketterle élève 150 Coburger Fuchsschafe, 12 Schwarzbraune Juraschafe et 25 Alpine Steinshaft. Elle vend sa viande exclusivement par colis d’1/2 agneau, en circuit local. Elle commercialise la laine de ses races menacées grâce au projet Kollektion des Vielfalt.
Elle a 2 lieux de pâturages, l’un dans une réserve naturelle, l’autre dans des vergers de particuliers.

Rencontre de Armin Frierich (Fritz) à Wertach

Fritz élève 55 brebis de race Alpine Steinschaf depuis 6 ans et s’est immédiatement impliqué dans le projet de valorisation de la laine. « C’est son activité principale mais pas sa principale source de revenu », il vend ses agneaux en direct et fait de "l’expérimentation" pour tester différentes recettes qui valorisent sa viande (agneaux et de réforme) sous forme de charcuteries notamment.

Rencontre de Renate Aschauer à Ramsau

Renate fait partie du projet de valorisation de la laine d’Alpine Steinschaf depuis sa création, elle gère l’association de l’Alpine Steinshaft, cette association existe pour préserver l’espèce. Elle élève 34 brebis Alpines Steinschaf, elle commercialise sa viande auprès de la restauration locale ou à des particuliers.

Avant le projet, elle utilisait la laine pour son usage propre. Ce n’est qu’avec la création de l’association qu’elle a commencé à la commercialiser.
Elle fait faire elle-même en petits lots le lavage et le cardage (en Autriche) de sa laine, qui est ensuite mélangée à celle des autres, après le triage de la collecte annuelle. Faire laver et carder en Autriche est plus près, c’est pour cette raison qu’elle fait cela. Sa motivation principale est avant tout la préservation de la race.

2.2 Les entreprises locales

Visite de la filature Wagner

La filature Wagner est une entreprise familiale. Ils achètent de la laine aux négociants qui s’approvisionnent le plus souvent localement, elle est de deux types :
-  Laine allemande lavée par les éleveurs eux-mêmes.
-  Laines du Tyrol et d’Allemagne lavées à Traitex et achetées à un négociant.

M. Wagner ne cherche pas de la laine plus fine que celle trouvée en local (30 microns), car le local est leur argument de vente. Ils ont toujours travaillé avec la laine locale et les fermiers (depuis son grand-père).

30 tonnes sont transformées en tapis et 10 tonnes en fils à tricoter

Par ailleurs, l’association Kollektion des Vielfalt fait faire ici une partie de ses produits, à façon, afin d’être vendus par les éleveurs. Le filage de différentes matières textiles est également réalisé pour d’autres firmes.

A l’heure actuelle l’entreprise rencontre des difficultés liées :
-  Aux réglementations :
-  A la mise aux normes de sécurité des cardeuses,
-  Au transfert de compétences

Un groupe d’éleveurs pourrait faire transformer sa laine à partir du moment où ils apportent 300 kg de laine. (voir prix)

Visite de l’entreprise de lavage et de filature Regensburger

Le lavoir est en fonction depuis 15 ans, la laine lavée dans l’entreprise est de la laine locale (Tyrol, Allemagne, Autriche, Suisse). Les agriculteurs viennent avec des grosses ou des petites quantités. Les éleveurs ne récupèrent pas forcément leur laine, il y a des mélanges par race.
Le lot minimum pour que la laine soit traitée seule est de 50kg.

Procédé :
-  Ouverture de la laine
-  Pesage régulier
-  Route de lavage (prélavage, lavage, bain acidifiant)
-  Séchage

Regensburger produit aussi des nappes cardées, des rubans cardés teints, des tapis en fils très épais et faire faire quelques autres produits pour alimenter son magasin d’entreprise.

3. Conclusion et commentaires

Liste de propositions et questionnements non triés apportés par certains participants. Il sera bien entendu nécessaire d’y réfléchir davantage, ensemble.

Compte-rendu réalisé d’abord et surtout par Perrine Ruamps de l’Ardear Champagne-Ardennes, ensuite par Ygaëlle Dupriez de la Filière laine en Wallonie, avec les apports de Marie Ghyssens, Patrice Rampanelli, Philippe Gonne, François Van Bellingen.
Photos : Christine Mottet

Merci à Nathalie Ketterle pour l’ensemble du voyage.


Compte-rendu du voyage en Allemagne et Autriche - Octobre 2013(PDF)

Programme et adresses voyage en Allemagne octobre 2013(Word)

Notre Filière laine


Annonces

Avec le soutien de

La Filière laine bénéficie du soutien de la Région wallonne et du Feder - Interreg VA Grande région

Une création 13pixels.be